Edito
Une espèce menacée !
Ce n’est pas à vous qu’on va l’apprendre : le batteur / la batteuse constitue le moteur rugissant du groupe, la pulsation vitale, la colonne vertébrale sans laquelle rien ne pourrait tenir debout. Et pourtant, depuis quelques mois, les drummers semblent devenir... jetables. Foo Fighters, The Who, Slipknot, Guns N’Roses, Pearl Jam, Primus, In Flames, Electric Callboy, Godsmack, Benighted, Imagine Dragons, Iron Maiden… C’est l’hécatombe. Les tabourets de batterie se vident à une vitesse inquiétante. Certains quittent le navire, d’autres sont gentiment conduits vers la sortie. Comment expliquer cette épidémie de départs, de licenciements et de remplacements ? Fatigue physique ? Conflits internes ? Évolutions artistiques ? Sans doute un mélange de tout cela. Dans un monde musical de plus en plus lissé, calibré, piloté à l’ordinateur, le batteur serait-il trop « vivant », trop « imprévisible », pas assez « programmable » ? À l’ère du tout numérique, engager un batteur ou une batteuse devient un luxe. On nous parle de contrainte logistique, de contrôle du son, de place sur scène (des questions qui ne se posaient jamais jusqu’alors), et il y a cette pression constante d’être à la fois irréprochable techniquement et invisible médiatiquement. Un paradoxe cruel. Il est temps de réhabiliter le batteur, de le remettre au centre de la scène. De célébrer son boucan et ses silences maîtrisés. D’ailleurs, le grand public est le premier à le penser : sans batteur, un concert n’a pas la même saveur. Le batteur est une espèce menacée. Protégeons-la. Respectons-la. Sinon, bientôt, il ne restera plus que des clicks dans les casques et un vide abyssal derrière les artistes. UNE ESPÈCE MENACÉE ? La Rédac’
Numéro 227
7,90€